Quelques chiffres sur notre consommation de nouvelles technologies sous le prisme des musées

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Les nouvelles technologies ne sont-elles que des gadgets pour la médiation des musées ?

Pour le savoir il est important de connaître leur degré d’utilisation par les visiteurs. En prenant pour référence l’enquête d’Olivier Donnat pour le compte du ministère de la culture et de la communication (2008), nous nous posons la question de la pénétration des nouvelles technologies dans la population française. Les chiffres de 2014 situent le nombre d’internautes à plus de 54 millions, soit 83% de la population Française selon l’agence We are social 3. Nous en sommes désormais à 92% (2019). Cela représente une percée historique si l’on compare avec les chiffres de l’enquête de 1998 ou seul 3,6 millions des Français allaient sur internet, chiffre principalement dû au manque d’équipement.

Il faut donc en conclure que notre pays a dépassé depuis longtemps la phase d’équipement, c’est à dire d’achat d’ordinateurs et de connexion au réseau. Certes, le simple fait d’aller sur internet ne suffirait pas à expliquer la nécessité d’une mutation des musées ou des autres institutions (sauf pour les campagnes de communication) mais l’utilisation massive d’objets connectés et de smartphones par les visiteurs le pourrait. D’autant plus que les musées ne fournissent pas réellement un service mais plutôt un divertissement, du soir et plus globalement une expérience. L’utilisation des technologies web et mobiles sont donc essentielles si les musées veulent aborder cette notion d’expérience du visiteur.

En 2014, 50% de la population Française de plus de 11 ans était mobinaute et plus de la moitié de cette population avait déjà effectué un achat via leur smartphone, l’achat étant le pas le plus difficile à faire pour des raisons de sécurité. On peut alors se dire que la majorité des mobinautes sont capables d’effectuer un large panel d’actions avec leur smartphone. Alors que l’utilisation de la connexion mobile restait limitée en France avec seulement 16% du trafic internet provenant d’un téléphone nous dépassons désormais les 60%. Il faut également penser aux nouveaux produits connectés tel que la tablette qui équipait 30% des foyers en 2014 et qui dépassait alors les ordinateurs par son nombre de ventes. Ces tendances anticipées en 2014 sont donc totalement confirmées aujourd’hui avec une pénétration massive des appareils connectés dans la population Française.

Avant d’aller plus loin, arrêtons nous un instant sur une autre distinction. Ces chiffres qui nous donnent rapidement une idée de la pénétration des nouvelles technologies dans notre quotidien, ne sont rien si on ne décrit pas l’utilisation que l’on en fait. Or c’est un travail qui existe déjà sensiblement chez Olivier Donnat dans son enquête parue en 2009. L’enjeu à l’époque ( et depuis 1998) était surtout de savoir si l’avènement de ces nouvelles technologies allait supplanter des produits tel que la télévision ou les journaux papiers.

Dans cette étude, le plus important est la description d’un décalage existant déjà à l’époque entre les générations sans toutefois pouvoir être certain des chemins que prendraient ces générations. Ainsi la catégorie « jeunes » a maintenant dix ans de plus. Elle a la particularité d’être la première génération née avec ces nouvelles technologies numériques. Nous reprendrons donc le terme de “numériens” pour les qualifier. Les autres générations ne sont pourtant pas en reste puisque le taux d’équipement internet dans les ménages nous montre bien qu’une partie des personnes les plus âgées se sont équipées. D’autre part la génération des numériens fait maintenant place à une nouvelle génération qui a tendance à subvertir ou créer d’autres pratiques, d’autres usages du numérique. On peut d’ailleurs se référer à la saison 18 de south park qui est entièrement construite sur la description de ces phénomènes, par exemple le fait que les vidéos de tests de jeux vidéos sont regardés pour elles mêmes par les plus jeunes générations d’utilisateurs. Cela veut dire qu’à partir d’une évaluation d’un produit culturel, certains utilisateurs ont réussi à développer un show qui possède son propre univers de référence et qui est regardé comme une série, un programme télévisé. Les musées parviendront-ils à rattraper ces usages en proposant une adaptation de leurs contenus qui soit conforme aux nouvelles pratiques?

À partir de ces constats, il devient évident qu’aucune institution ne peut délaisser les nouveaux usages technologies. Pour reprendre la question de la prédation d’internet sur la télévision, les chaines ont été contraintes de s’adapter à ce nouvel environnement en important leurs contenus sur Youtube et les autres plateforme et en créant un lien direct entre le live et les internautes via twitter par exemple. La présence sur le web n’est donc pas une fin en soi. La transmission d’un message ou d’un divertissement nécessite toujours une connexion entre l’émetteur et le récepteur. Cela passera par des dispositifs d’échanges ou d’interactions plus ou moins automatisés. Vous cherchez une solution pour offrir une médiation moderne et digitale à vos publics ? Accédez au détail des technologies adaptées aux musées ou aux espaces de visite.

Extrait de “Usages des nouvelles technologies dans les musées: gadgets ou révolution? ” par François GILLY en 2015

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